Piller (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XIII e siècle, au sens de « malmener, mordre (en parlant d'un chien) ». Tiré du latin pilleum , « chiffon ».
1. Mettre un lieu à sac, emporter les biens qu'il contient en usant de violence et en causant d'importants dégâts. Piller un village. La ville fut emportée d'assaut et pillée par les soldats. En période de famine, on pillait souvent les réserves de blé. Fam. Par exagération. Vider entièrement. Les enfants ont pillé le réfrigérateur . Par ext. Dépouiller par des vols ; dérober, soustraire quelque chose à son profit en se rendant coupable d'exactions, de concussions, de détournements. Verrès pilla la province de Sicile, dont il était gouverneur. Piller un trésor. La statuaire de cette église a été pillée . Fig. Prendre dans les ouvrages d'autrui quelque chose que l'on donne pour sien ; plagier. Il a pillé la plupart des idées que renferme son livre. Ces vers sont pillés de Racine, pillés dans Racine. Salieri a été accusé à tort d'avoir pillé Mozart .
2. En parlant d'animaux et, spécialement, de chiens. Attaquer une personne ou un autre animal (vieilli). Ce chien pille tous les passants. Le loup a pillé les chiens . Pron. Des chiens qui se pillent. . En parlant des chiens, se jeter sur le gibier et le mordre, sans attendre l'ordre du maître, ou quand on le leur abandonne (dans ce sens, on dit aussi Fouler ). La meute se mit à le sanglier. Pille ! interjection par laquelle on excite le chien à se jeter sur le gibier, par opposition à Tout beau !


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

(ILLER se prononce IYER.) Emporter violemment les biens d'une ville, d'une maison, etc. "Piller une ville, un château. Les gens de guerre ont pillé ce village. La ville fut emportée d'assaut et pillée."
Il se dit aussi de Ceux qui commettent des exactions, des concussions, qui font dans leur charge, dans leur emploi, des gains illicites et scandaleux. "Ce gouverneur abusa de son autorité pour la province. Cet intendant a si bien pillé son maître qu'il est devenu plus riche que lui."
Il signifie, en parlant de Littérature et de Beaux-Arts, Prendre dans les ouvrages des autres des choses que l'on donne comme siennes. "Il a pillé dans de vieux auteurs la plupart des idées que renferme son livre. Ce musicien a pillé les motifs de ses plus beaux airs dans des partitions italiennes. Ces vers sont pillés de Racine, pillés dans Racine."
Il se dit aussi des Chiens qui se jettent sur les animaux ou sur les personnes. "Son chien a pillé le mien. C'est un chien qui pille tous les passants. Il l'a fait par son chien."
En termes de Chasse, "Pille!" se dit pour exciter un chien à se jeter sur le gibier. On le dit aussi pour agacer un chien contre d'autres animaux, ou contre des personnes.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Dépouiller, avec violence, de ses biens une ville, une maison, etc.
CORN.: « La flotte.... Croit surprendre la ville, et la contrée »
BOSSUET: « On leur promit [aux soldats réformés] des monastères à »
ROLLIN: « Brennus marcha avec le gros de l'armée du côté de Delphes, pour les richesses immenses du temple d'Apollon »
RAYNAL: « Faria, envoyé contre des corsaires malais, chinois et d'autres pirates, alla les tombeaux des empereurs de la Chine, dans l'île de Calampia »
MARMONTEL: « Le peuple qui pille les boutiques de boulangers n'en prend pas conseil dans les livres »
    Il se dit des personnes dans un sens analogue.
VOLT.: « Un chevalier, dit-elle, m'a pillée »
SÉGUR: « Les cris des Polonais, que nos alliés pillent impitoyablement et qu'ils insultent, se firent entendre »
    Absolument.
MONTESQ.: « Là [les Indes] il n'y a que des misérables qui pillent, et des misérables qui sont pillés »

 2   Enlever, emporter par pillage.
LESAGE: « Vos effets ont été pillés tant par les archers que par vos propres domestiques »
    Piller une collation, un dessert, se jeter sur une collation, sur un dessert, pour emporter les fruits, les confitures, etc.

 3   Commettre des exactions, des concussions. Les provinces étaient pillées par les proconsuls romains.
    Faire des gains illicites, mettre à contribution.
TH. CORN.: « Ces gueuses, pour la dupe qui leur rit »
DANCOURT: « Oh ! par ma foi, monsieur le commissaire, nous vous ons, vous qui pillez les autres »
    Fig.
PONSARD: « Un nocturne larron, comme un hôte introduit, A, l'épée à la main, la menace à la bouche, Honteusement pillé la pudeur de sa couche »

 4   En fait de littérature et de beaux-arts, prendre chez autrui des choses qu'on donne comme siennes.
VOLT.: « Mais parlez-moi donc des poésies de cet homme [le roi de Prusse] qui a pillé tant de vers et tant de villes »
VOLT.: « Ce qu'il [La Beaumelle] pille, il l'appelle ses pensées »
VOLT.: « Lorsque les historiens sont contemporains, il est difficile, au bout de quelque temps, de savoir qui est celui qui a pillé l'autre »
VOLT.: « Comme il s'approprie, sans esprit, l'esprit des autres ! comme il gâte ce qu'il pille ! »
BÉRANG.: « Un bel esprit, beau de l'esprit qu'il pille »
    Fig.
MARIVAUX: « Monsieur Bourguignon, vous avez pillé cette galanterie-là quelque part »

 5   En parlant des chiens, se jeter sur les animaux, sur les personnes.
LA FONT.: « Et puis, quand le chasseur croit que son chien la pille, Elle [la perdrix] lui dit adieu.... »
LA FONT.: « .... Car étant de nature à ses pareils, mainte mésaventure L'aurait fait retourner chez lui Avec cette partie [oreilles] en cent lieux altérée »
    Il se dit, dans le même sens, des personnes.
LA FONT.: « On nous voit tous, pour l'ordinaire, Piller le survenant, nous jeter sur sa peau »
DESHOUL.: « Il démêle un sot de cent pas, Le poursuit, l'aboie et le pille »
    Pille, terme dont on se sert pour exciter un chien à se jeter sur le gibier, pour lui faire entendre de manger un morceau qu'on lui jette, et aussi pour agacer un chien contre un autre.
SÉV.: « Il me semble qu'il est comme ces chiens, a qui l'on dit longtemps : Tout beau, et puis tout d'un coup, pille »

 6   À certains jeux de triomphe, ou faire pille, avoir le droit, dans certains cas, de prendre pour soi toutes les cartes d'une même couleur.
    Se dit à l'hombre, pour prendre plus de cartes qu'on ne doit.

 7   Se , v. réfl. Se prendre l'un à l'autre ce que l'on a.
    Se , se jeter l'un sur l'autre.
SCARRON: « Enfin tout d'un coup ils se pillèrent avec tant d'animosité et de furie, que les musiciens craignirent pour leurs jambes, et gagnèrent au pied, laissant leurs orgues à la discrétion des chiens »

HISTORIQUE
    XVIème siècle
CALV.: « Tormenter les vefves, les orphelins »
MONT.: « Je la gourmande en bloc [l'idée de la mort], par le menu elle me pille »
MONT.: « On y jectoit mille cerfs, etc. .... les abandonnant à au peuple »
AMYOT: « Tous ceulx qui avoient manié les finances de la chose publique avoient grandement pillé et desrobbé le public »

ÉTYMOLOGIE
    Wallon, pii ; provenç. pilhar, pillar ; esp. pillar ; port. pilhar ; ital. pigliare, qui signifie prendre (d'où, au XVIe siècle, quand les italianismes abondaient dans le français, patience, YVER, p. 564) ; du lat pilare, voler, . L'l mouillée dans toutes les langues romanes suppose probablement une forme pileare.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Emporter violemment les biens d'une ville, d'une maison, etc. "Piller une ville, un château. Les gens de guerre ont pillé ce village. La ville fut emportée d'assaut, et pillée."
Il se dit aussi De ceux qui commettent des exactions, des concussions, qui font dans leur charge, dans leur emploi, des gains illicites et scandaleux. "Ce gouverneur abusa de son autorité pour la province. Cet intendant a si bien pillé son maître, qu'il est devenu plus riche que lui."
"Piller une collation, un dessert," Se jeter sur une collation, sur un dessert, pour emporter les fruits, les confitures, etc.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie, en parlant de Littérature et de Beaux-Arts, Prendre dans les compositions d'autrui des choses qu'on donne comme siennes. "Il a pillé dans de vieux auteurs la plupart des idées que renferme son livre. Ce musicien a pillé les motifs de ses plus beaux airs dans des partitions italiennes. Cet air est pillé dans Mozart, pillé de Mozart. Ces vers sont pillés de Racine, pillés dans Racine. Cet auteur pille partout."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi Des chiens qui se jettent sur les animaux ou sur les personnes. "Son chien a pillé le mien. C'est un chien qui pille tous les passants. Il l'a fait par son chien." Dans ce sens, il est peu usité.
En termes de Chasse, "Pille," se dit pour exciter un chien à se jeter sur le gibier. On le dit aussi pour agacer un chien contre d'autres animaux, ou contre des personnes.



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit encore à de certains Jeux de triomphe, où celui qui fait a le droit, lorsqu'il tourne un as, de prendre cet as et toutes les cartes de la même couleur qui suivent, et de mettre les siennes à la place.



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Emporter violemment les biens d'une ville, d'une maison, etc. "Piller une ville, un château. Les gens de guerre ont pillé ce village. La ville fut emportée d'assaut, et pillée".
Il se dit aussi en parlant Des personnes qui abusent de leur autorité pour s'enrichir par des extorsions et des concussions. "Les Traitans ont pillé cette Province. Il a abusé de son autorité pour cette Province".
On dit, "Piller une collation, un fruit," Lorsque plusieurs personnes se jettent sur les plats pour emporter des fruits, des confitures, etc.
On dit aussi, "Piller un air, des vers, etc." pour dire, Donner, comme étant de sa composition, un air qu'on a pris d'un Musicien, des vers qu'on a pris dans un Poëte. "Cet air est pillé de Lulli. Ces vers sont pillés de Racine. Cet Auteur pille partout".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Piller, se dit aussi en parlant Des chiens qui se jettent sur les animaux ou sur les personnes. Ainsi on dit, qu'"Un chien a pillé un autre chien," pour dire, qu'Il s'est jeté dessus pour le mordre. "C'est un chien qui pille tous les passans. Il l'a fait par son chien".
En termes de Chasse, quand on veut exciter un chien à se jeter sur le gibier, on lui dit, "Pille". On le dit aussi pour agacer un chien contre d'autres animaux, ou contre des personnes.
On dit figurément et populairement, que "Deux personnes se sont pillées," pour dire, qu'Elles se sont prises de paroles, et qu'elles se sont dit des injures.



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Piller, se dit aussi à de certains jeux qui se jouent avec des cartes, comme la triomphe, où celui qui fait, "Pille quand il tourne un as;" c'est-à-dire qu'Il a droit de prendre l'as, et toutes les cartes qui suivent de cette même couleur, et d'en mettre d'autres à la place.



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Saccager, emporter violemment les biens d'une ville, d'une maison. "Piller une ville, un château. Les gens de guerre ont pillé ce village. La ville fut emportée d'assaut, & pillée."
Il se dit aussi en parlant Des personnes qui abusent de leur autorité pour s'enrichir par des extorsions & des concussions. "Ce sont les Sous-traitans qui ont pillé cette Province. Au lieu de se servir de son autorité pour rétablir la Provence, il ne s'en est servi que pour la ."
On dit, "Piller une collation un fruit." Et cela se dit lorsque plusieurs personnes se jettent sur les plats pour se charger de fruits, de confitures, &c.
On dit, "Piller un air, des vers, &c." pour dire, Donner, comme étant de sa composition, un air qu'on a pris dans un Musicien, des vers qu'on a pris dans un Poëte. "Cet air est pillé dans Lulli. Ces vers sont pillés dans Racine."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit aussi en parlant Des chiens qui se jettent sur les animaux ou sur les personnes. Ainsi on dit, qu'"Un chien a pillé un autre chien," pour dire, qu'Il s'est jeté dessus pour le mordre. "C'est un chien qui pille tous les passans. Il l'a fait par son chien."
En termes de Chasse, quand on veut exciter un chien à se jeter sur le gibier, on lui dit, "Pille." On le dit aussi pour agacer un chien contre d'autres animaux, ou contre des personnes.
On dit figurément & populairement, que "Deux personnes se sont pillées," pour dire, qu'Elles se sont pris de paroles, & qu'elles se sont dit des injures.



3ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit aussi à de certains jeux qui se jouent avec des cartes, comme la triomphe, où celui qui fait, "Pille quand il tourne un as," c'est-à-dire, qu'Il a droit de prendre l'as, & toutes les cartes qui suivent de cette même couleur, & d'en mettre d'autres à la place.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Saccager, emporter violemment les biens d'une maison, faire violence à quelqu'un dans ses biens. "Piller une ville, un chasteau. les gens de guerre ont pillé ce village. la ville fut emportée d'assaut, & pillée".
Il se dit aussi en parlant des personnes qui abusent de leur authorité pour s'enrichir par des extorsions & des concussions. "Ce sont des traitans qui ont pillé cette Province. au lieu de se servir de son authorité pour restablir la Province, il ne s'en est servi que pour la ".
On dit encore, "Piller les Autheurs," pour dire, Transporter dans ses Ouvrages les passages & les propres termes des Autheurs, & se les approprier comme si on en estoit l'Autheur. "C'est un homme qui ne dit rien de luy même, & qui ne fait que les Autheurs. il a pillé tout cela dans Ciceron, dans Tite- Live".
On dit aussi, " une collation, un dessert:" & cela se dit lorsque plusieurs personnes se jettent sur les plats pour se charger de fruits & de confitures.
"Piller," se dit aussi en parlant des chiens qui se jettent sur les animaux ou sur les personnes. Ainsi on dit qu'"Un chien a pillé un autre chien," pour dire, qu'Il s'est jetté dessus pour le mordre. "C'est un chien qui pille tous les passants. il l'a fait par son chien".




Emplacement dans le dictionnaire :

pilé
pilée
piler
pilet
pilette
pileux
pilier
pillage
pillard

pillerie
pilleur
pilocarpine
pilocarpine
pilon
pilones
pilonnage
pilonner
pilori
piloriement
pilorier




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Joris-Karl HUYSMANS (À rebours)

...Tout devint sujet à aigreurs et à querelles, tout depuis les tiroirs qui avaient joué dans les meubles mal d'aplomb jusqu'aux larcins de la bonne qui profitait de l'inattention des disputes pour piller la caisse ; bref, la vie leur fut insupportable ; lui, s'égaya au dehors ; elle, quêta, parmi les expédients de l'adultère, l'oubli de sa vie pluvieuse et plate. D'un commun avis, ils résilièrent...


Citation n°2 de Edmond ABOUT (Le Roi des montagnes)

...et réservent leurs rigueurs pour les étrangers ; mais un grec dépouillé par ses frères se dit avec une certaine résignation que son argent ne sort pas de la famille. La population se voit piller par les brigands comme une femme du peuple se sent battre par son mari, en admirant comme il frappe bien. Les moralistes indigènes se plaignent de tous les excès commis dans la campagne, comme un...


Citation n°3 de Maxime DU CAMP (En Hollande : lettres à un ami)

...le sol de façon à creuser un souterrain qui aboutirait sous le plancher de la cuisine ; une fois là, il était facile de pratiquer une ouverture, d'entrer dans la maison, de s'y répandre et de la piller après avoir préalablement égorgé la domestique, ainsi que cela se passe dans les histoires de brigands qui ont des prétentions à être intéressantes. Or, cette nuit, la servante veillait, assise dans...


Citation n°4 de Félicité-Robert de LAMENNAIS (Articles publiés dans le journal l'Avenir (1830-1831))

...libertés nécessaires, ils s'en garantiront réciproquement la pleine jouissance, toujours prêts à repousser de concert, à combattre toutes les tyrannies, en un mot quiconque tenteroit d'égorger, de piller, d'opprimer sous quelque prétexte et à quelque titre que ce fût. Cette puissante confédération, fondée sur les droits immuables, suppléera momentanément à la stabilité des institutions et du...


Citation n°5 de François GUIZOT (Histoire générale de la civilisation en Europe depuis la chute de l'Empire romain jusqu'à la Révolut)

...imposait, ainsi que la singularité de leur vie. Le clergé séculier, l'évêque, le simple prêtre étaient un peu usés pour l'imagination des barbares accoutumés à les voir, à les maltraiter, à les piller. C'était une plus grande affaire de s'attaquer à un monastère, à tant de saints hommes réunis dans un saint lieu. Les monastères ont été, pendant l'époque barbare, un lieu d'asile pour l'église,...


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